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Australie -


de Moi, 01-03-2001

5 semaines en Australie


Donc je m'envole pour Singapour, aéroport superbe.
Je craque devant une énorme tablette de chocolat blanc suisse supérieur…
Puis Denpasar, aéroport vétuste et malsain.
Il y a des rabatteuses (même la nuit) devant les distributeurs de boissons !
J'échange quelques bahts pour des roupies indonésiennes... et me rends compte qu'ils prennent surtout les dollars US...
Tout est hors de prix ! 1us$ 50cl d'eau ! Combien représente un dollar pour un indonésien ?!!
Je refuse de payer un prix pareil !
Je sympathise avec un couple d'anglais fort sympathique. On boit un verre pour passer le temps car il faut attendre plusieurs heures l'avion suivant, notre correspondance.

Thursday 1st of March 2001 AUSTRALIE

Arrivée à Darwin à 4h du matin, donc frais comme un gardon...
Passage de la douane.
Un douanier me juge louche du fait de voyager seul en provenance de la Thaïlande...
"Is-it your bag ?" "Are you sure ?" "So, you know everything inside ?"...
Il a donc fouillé mon sac et tenté de détecter de la drogue.
Le système était le suivant:
il a parcouru mes affaires avec un minuscule tissu imbibé d'un produit à l'aide d'une pince, tissu qu'il fait renifler par une machine électronique. Il semble hésiter à me confisquer ma moitié de tablette de chocolat blanc "y'a pas moyen, ou je la dévore sur place !".
Tout soupçon écarté, je me retrouve une heure plus tard, dans un minibus desservant les pauvres voyageurs épuisés, à la porte de leur lieu d'hébergement.
Je me rends ainsi à mon premier YH (Youth hostel ou auberge de jeunesse).
Je descends sous une pluie violente. Effectivement, c'est un climat tropical ! je me souviens alors ce qu'un suisse m'avait dit en Thaïlande.
Je m'étonne du caractère peu urbain de l'endroit. Je doute même de l'adresse, car mon guide précise qu'il s'agit du centre-ville.
Un centre ville n'est-il point synonyme de concentration de boutiques et maisons hautes ?
Je REVE d'un lit ! On verra demain quand il fera jour. Il est quasi 6h du matin quand je me couche.

Lever vers 10h30 / 11h. Donc pas beaucoup dormi... Première vraie utilisation des boules Quies, dans ce dortoir de 8 lits. Bien vu aussi, d'avoir apporté mon cadenas Armée de Terre.
Des placards peuvent ainsi se fermer et même si je n'ai rien de valeur, c'est plus sécurisant.
Il me faut trouver à manger, n'importe quoi, j'ai faim.
Je passe devant la piscine, c'est un joli YH, surtout quand on vient de Thaïlande !
La chaleur humide est pesante, je me réfugie dans un café et demande un petit-déjeuner.
Mais il est midi trente et on ne sert plus de breakfast après midi. Tant pis, je commence ma journée par un plat de spaghettis…
Les serveuses sont elles aussi appétissantes...

Je loue un VTT et découvre la ville, d'ailleurs ce n'est pas vraiment une ville comme on l'entend, tant les espaces verts sont présents, ainsi que la disposition des habitations.
Rien n'est l'un sur l'autre.
Les rues sont larges et les embouteillages inexistants.
Je me rends au "wharf" ou port. Un paquebot est amarré.
Des cocotiers ajoutent au charme de la tranquillité.
J'arrive sur une plage immense. L'eau n'incite pas à la baignade. Surtout que l'océan ici est criblé de méduses mortelles. Faites juste la trempette des pieds et il ne vous reste plus que quelques heures à vivre !
Je me promène sur le sable quand, soudain, en quelques secondes le vent soulève l'eau de la mer qui est balayée, et forme un brouillard. Les branches se tordent sous la violence du vent.
Je pressens une tempête. Tout va très vite, je cours aussi vite que je peux, saute un filet en plastique, déchire littéralement mon pantalon (durement négocié 48H auparavant) et continue pour me réfugier dans des sanitaires tout proches.
Je constate la catastrophe, mon joli pantalon bleu est éventré sur 40 cm à l'entrejambe, toutes les coutures ont lâché. Heureusement que j'avais mon caleçon de bain dans mon sac. Je me change et tente une sortie. Mais dehors c'est la tempête. Une pluie quasi horizontale me gifle le visage.
Pas de doute, je suis bien sous les tropiques !
Je reviens au YH et pique une tête dans la piscine. Je fais des courses et une lessive.
Je tente de ressusciter mon pantalon large avec mon kit couture. Mais les dégâts sont tels que je ne viens pas à bout des déchirures en dents de scie. Le tissu est trop abîmé. Je ne peux stopper l'agonie de mon habit. Je suis triste et énervé.

Je me couche tôt car j'ai réservé un tour-aventures de 3 jours dans le Kakadu park où fût tourné Crocodile Dundee. (200 km sur 100) Il m'en coûte environ 1500 frs.

2nd of march

Départ 6h30, 13 personnes. On nous remet un sac de couchage que je loue à contrecœur.
(five australian bucks!!)
Ca ne pourrait pas être inclus dans le prix ?!
Je suis le seul à avoir du mal à comprendre Hemish, le guide.

Après une 1h30 de route, on s'arrête pour faire un tour en bateau sur Adelaide River, une rivière à crocodiles. Elle est large, marron, bordée de végétation dense.
On nous demande de ne pas commettre d'imprudence… sous peine de perdre un membre… ou plus…, et nous sommes avertis que nous pouvons rentrer "bredouilles".
Mais bon, vu le décor Crocodile Dundee…

Nous embarquons sur un bateau métallique.
Tout le monde observe…impatient, curieux… voir anxieux.
"LOOK !" crie le guide, toute l'équipe sursaute.
Sur la berge boueuse, un énorme spécimen terré se cache dans la végétation.
Il demeure inerte malgré la viande qui lui ait lancée. "Grosse loque va !" pensais-je.
A moins que ce ne soit un crocodile en plastique pour parer aux touristes déçus ?

Puis nous observons quelques crocodiles, attirés par l'odeur de la viande que le guide leur tend au bout d'une perche.
Le fait de les savoir en liberté rend l'atmosphère particulière. On n'est pas à la TV, pas dans un jeu, pas au zoo.
Chaque année des imprudents meurent de s'être baladés trop proche de la rivière…

L'après-midi est super chiante. On visite des sites de peintures aborigènes.
Ca ne m'intéresse guère et je ne comprends pas le guide...
Pourtant on observe quelques walibis (petits 'roos) sur des rochers.
On passe la nuit dans une auberge dans le parc. Des trombes d'eau nous trempent à la descente du bus. Nous déchargeons les eskys ainsi que nos sacs. (Esky = glacière australienne très utilisée dans l'outback)
Nous nous retrouvons tous dans la piscine derrière la grande cabane en dur, à jouer au ballon, c'est bien sympa et qu'est ce que ça fait du bien de se rafraîchir !
Nous préparons le repas froid: salade, tomates, tranches de fromage, jambon, pain de mie, concombre.
La propriétaire nous apprend que son chien s'est fait dévorer par un crocodile quelques jours auparavant.
On dort dans un dortoir. Merci mes boules Quies !

3 / 3

On reprend la route, qui, au bout d'une heure se transforme en rivière sous le panneau "Floodway". On transfert alors tout le chargement sur un bateau métallique. Le soleil nous assomme. On navigue donc sur cette crue géante de 3.5 km. Le pilote esquive les arbres et la végétation née de l'inondation. Ce bateau fait son apparition durant la saison des pluies (3 ou 4 mois... dont maintenant)
Puis on prend un autre véhicule 4x4 que l'on recharge.
Je discute dans le véhicule avec un australien de Canberra, John, d'origine Cambodgienne. Il est développeur, 29 ans. J'ai du mal à comprendre, mais il fait des efforts au moins lui !

Nous marchons 3 kms (qui en paraissent le double) sous un soleil de plomb accompagné d'une humidité élevée. Nous arrivons sur un large ruisseau et nous mettons en caleçon pour nous baigner. L'endroit est très nature, adorable.
L'eau n'est pas trop froide, on se baigne dans une crique formée par une chute d'eau.
Le site est magnifique. Dans une ambiance bon enfant on s'amuse avec la cascade en résistant à la force de l'eau derrière la chute.
Nous mangeons sur les rochers: tomate, fromage, concombre, jambon, pain de mie...
Je demande où je peux remplir ma bouteille... et le guide me répond: "là!" en pointant la rivière du menton. "Quoi là ??" "Oui, là !"
Donc, à contrecœur je fais le plein d'eau de rivière et observe l'aspect...si on n'a pas le choix !!
PM: retour à pied, mais en direction des montagnes, rochers rouges.
Un copain pose ses fesses dans un ruisseau pour se rafraîchir. Lorsqu'au bout d'un ¼ d'heure, il s'aperçoit qu'il a oublié son appareil photo dans une poche… dommage !

Une autre côte à monter sur une plaque gigantesque de rochers. Le guide avait demandé de ne pas se retourner pour que tout le monde découvre la vue en même temps. J'étais le seul à admirer la vue en grimpant. Je me disais "ils sont cons, 'y a une chouette vue !".

Arrivée au camping (marabouts)
Repas BBQ (crocodile pas terrible, entre du poulet et le chewing gum - le kangourou bien bon, entre du bœuf et du foie - le buffalo, pas mauvais, sorte de chair à saucisse)
Soirée poèmes. Je ne comprends absolument rien ! alors je propose de réciter la fable du "Laboureur et ses enfants" histoire de montrer que je participe. Je me sens quand même un peu à l'écart et j'aurais apprécié un peu plus de gentillesse pour utiliser un parlé plus compréhensible!
Mon sac de couchage est introuvable, je suis d'autant énervé d'avoir payer sa location.

A 3h du matin je quitte le marabout pour me rendre aux petits coins.
Dans le noir le plus complet, j'éclaire le sentier de ma lampe de poche, quand... j'entends le souffle lourd d'un animal ainsi que son déplacement. Ca n'a pas l'air petit !!
Rappelons qu'on se trouve dans la brousse, sans clôture et que se trouver nez à nez avec une grosse bebette n'est pas utopique !
Bref, je rebrousse chemin mais ça me suit... wahou ! la peur m'envahit, alors je cours et vais uriner de l'autre côté du campement.
Je reviens au marabout pas rassuré. Je ne saurais jamais ce que c'était...

Sunday 4 / 3

Breakfast assis sur des tabourets de camping. Thé et pain de mie grillé beurré.
"Qui veut du bacon grillé de bon matin ?!" - Pas moi…
On fait chauffer de l'eau pour la vaisselle. Tout le monde participe.

Je sympathise avec un couple de Hollandais ("Prrrr Prrrr!") un Irlandais (Kevin) une australienne (Ingrid).
Waterfalls. 40 m courant assez fort dans la crique très profonde.
Je me baigne avec mon pantalon thaïlandais de l'année dernière, j'ai oublié mon caleçon de bain dans le "trailer".
Autres waterfalls. Crique allongée. Baignade tous ensembles. On tente maintes fois de grimper sur la falaise opposée. Je m'isole pour me laisser masser par les courants dans les rochers... que c'est agréable ! une petite pensée aux ex-collègues...

Le retour est long, des heures de route...
Soudain un torrent coupe la route. Au ralenti, nous passons les fortes eaux. Tout le monde s'inquiète de sentir le véhicule succombé à la force du courant…
Ouf ! Nous avons traversé !

On nous offre un bon pour manger dans un resto/pub/boite le soir où nous nous retrouvons et passons une soirée super sympa. Je suis même au centre de la discussion de mon côté de table. Les "jug" s'enchaînent (pots de bière). On a une discussion sur la bise française. Nous mangeons et dansons.
Puis arrivent les jeux idiots. Ainsi je participe au gonflé de capote (je suis nul ! Mais je ne m'en étais jamais servi comme ça !…), et un jeu somme toute original. 3 minuscules tentes igloos sont apportées sur la piste, 3 équipes de 3 couples sont formées et le but est d'échanger ses vêtements avec sa partenaire dans la tente en se relayant.
Une fois terminé, l'animateur réunit tous les garçons pour élire le plus sexy en demandant au public de crier à notre passage chacun notre tour... C'est alors je fais la danse du tutu les bras en l'air sur les pointes... et décroche le titre honorifique du "Sexiest boy". Quelle fierté !!...

Ca faisait longtemps que je ne m'étais autant amusé ! (en tongues tranquille en plus !)
On descend en bas pour suivre un concert. Je fais un massage à une copine et alors tout le monde en réclame un. Comme si ça m'intéressait de masser les mecs !!...

On se fait tous la bise à la française pour se dire au revoir.

5th and 6th

J'achète un jean large, le successeur de mon pantalon thaï, en grande surface.
Il n'y a pas de cabines d'essayage. Tant pis, je me mets en slip au milieu des rayons.
Je fais quelques courses pour me cuisiner des choses simples dans le grand réfectoire commun.
L'humidité accablante me coupe l'appétit.
Pas gd chose d'autre. Je sympathise avec une danoise aux seins énormes.
Nous allons admirer le coucher de soleil et nous baladons dans un parc le long de l'océan.
De retour au YH, elle discute avec d'autres danoises au bord de la piscine. Je me coltine une heure entière de danois en attendant pour qu'on aille boire un verre... quand elle me dit finalement qu'elle est crevée !

7 / 3

Matinée glande au bord de la piscine.
La différence de température entre la réception climatisée et l'extérieur est saisissante.

J'ai un vol pour Ayers-Rock (l'Uluru). Je réserve un safari désert.
Le second vol Alice Springs - Ayers Rock se fait dans un minuscule avion de 30 sièges.
Je rejoins le village Yulara. C'est un complexe clôturé autorisé par les aborigènes. C'est le seul endroit où dormir dans le désert qui s'étend sur des centaines et des centaines de km à la ronde. Il regroupe tous les logements qui sont chers évidemment !
(27 aus $ la nuit, 16 $ le PD et 7 $ le verre de bière !) info env. 3.9 FF l'Aussie $.
Oz, aussie = Australie - aussie = australien(ne)
La bouteille de Coca est bien moins chère que la bouteille d'eau ! (1.25 $ contre 3 $ !)
J'achète donc pour la première fois de ma vie du coca que je vide dans l'évier pour la remplir d'eau du robinet.
Dortoirs récents. Sanitaires corrects. Robinets-désert (l'eau ne coule uniquement lorsqu'on tourne la manette) Des affiches vous rappellent que l'eau est précieuse.
Le sentier qui mène au shopping center traverse un décor désertique. Des touffes d'herbes, résistantes à l'hostilité climatique, parsèment le sable rouge vif. C'est fou !

Je passe une soirée paisible devant le concert d'un australien typique à la guitare, après un repas plutôt dégueulasse (tentative de croque-monsieur avec des aliments de base)
Je discute avec une suisse.
Je lave quelques affaires à la main.

8 / 3

Je voulais faire un survol en hélicoptère mais ils ont été réquisitionnés pour porter secours.
Pick-up à 13h pour le trip de 3 jours. (Ayers-rock, Monts Olgas et King's canyon).
Nous sommes une dizaine de diverses origines (Canada, Allemagne, Irlande…)
Repas dans un marabout en dur. Et deviner le bon repas ?! tomates, tasty cheese, concombre, pain de mie et jambon ! HHUUMMMMM !!...

Un lézard géant couleur sable trône sous le marabout, inerte.

Marche de 7 kms dans la Valley of the winds entre les Monts Olgas sous un soleil de chez soleil. Ces rochers de sable démesurés, jusqu'à 550 m de haut !, s'enchaînent comme si quelqu'un les avait posés là.
Des points citernes nous ravitaillent en eau (récupération de l'eau de pluie)
C'est superbe. Les roches rouges, les jeux d'ombres, c'est grandiose.
Nous sommes aux pieds des monolithes, dans un couloir d'immensité rocheuse.
Je lève les yeux, leur masse s'impose tellement que l'énormité semble irréelle.

Ambiance sympathique et SURTOUT je comprends tout ce que dis Tony, le guide !

Coucher de soleil sur l'Uluru. Je prends une photo qui se révélera magnifique.
La couleur de ce rocher de 3.6 km de long oscille selon l'éclairage du soleil parmi une palette couvrant le rouge vif, l'orange et le gris foncé. C'est impressionnant, ça change à vue d'œil !
Le soir: BBQ et coucher tôt car lever à 5h. Tentes avec lits de camp.

9 / 3

5h. PD rapide. Avertissement sur l'escalade du rocher. Prudence et bouteilles d'eau obligatoires. Route vers l'Uluru à 6h.
Ca me rappelle les trajets en bus pour Cluny, la nuit, le bus roule, tout le monde a les neurones dans le cirage. On semble être au pied du rocher et pourtant... 20 kms.
D'entrée de jeu, grimpette du rocher... On a de la chance, il a plu les 4 derniers jours non-stop mais la roche est sèche. 2h nous sont imparties l'ascension de 1.6 km aller-retour.
"Ah! j'suis jeune, un homme vaillant comme moi ne va en faire qu'une bou..."
Oui mais... c'est abrupte, très raide même, ça tend vers l'escalade puisque j'avance à 4 pattes au début ! Puis je m'aide de la chaîne comme rampe ! ça devient éreintant, je monte 25 mètres, m'assoie et bois; 25 mètres, m'assoie et bois... jamais je n'aurais imaginé ça si dur et si haut !!
S'écarter de la chaîne est pure imprudence. Tout dérapage ou glissade serait synonyme de catastrophe... Je n'en vois plus le bout, j'ai chaud, très chaud, même si le jour n'éclaircit que légèrement le désert.
Arrivé en haut, la chaîne prend fin, un retranchement offre au grimpeur de quoi souffler.
Mais je constate à mon regret que ce n'est pas fini puisque un marquage laisse deviner la poursuite du chemin.
Effectivement, il faut placer ses pieds sur les traces blanches... un écart de 50 cm et c'est 350 m qui ne laisserai planer aucun doute sur les conséquences d'une chute !
Le reste est beaucoup plus facile, mais mes forces sont nettement diminuées. Je monte et descends sur les reliefs du rocher pour atteindre, après 15 minutes, le centre symbolisé par un promontoire. 35 minutes de grimpe pour atteindre le sommet à une bonne allure.

Le soleil se lève et la lumière jaillit sous un plafond de nuages. C'est splendide !
L'idée d'être au milieu du désert, au milieu de l'Australie... je m'imagine sur un map-monde au centre de cette île-continent, perché au sommet de ce monolithe de pierre de sable.(sable compacté transformé en pierre mais friable)
350 m (plus haut que la tour Eiffel) avec le désert à perte de vue à 360°... c'est GRAND, c'est ENORME... j'y suis ! Wahou ! "I've climbed it !!!"
Le rocher gigantesque prend alors toute sa dimension, les reflets et couleurs évoluent sous la lumière. Les teintes orangées sont stupéfiantes.

Je décide de m'isoler un peu car les touristes, tels des fourmis, dessinent une file depuis le bas.
Je marche, à mes risques et périls, sur ce toit de roche pour atteindre, non sans anxiété, une "extrémité". Je n'ai plus personne dans mon champ de vision. Je me sens loin, hors de toute sécurité. Ca procure un certain plaisir d'aller plus loin que les autres.
Un doute m'envahit "Et si quelque chose m'arrivait...?"
"Mais que pourrait-il m'arriver au fond ?"

Le soleil monte, la température aussi.

Je reste allongé, relax, le regard perdu sur l'immensité du désert.
J'essaye de réaliser ce que je vis, ce voyage, d'avoir tout plaqué pour un billet d'avion et un sac à dos. C'est fabuleux de se dire que je suis de l'autre côté de la planète. A la différence d'autres projets, j'ai le temps de savourer ma décision, ma volonté, mon courage et ça me remplit de fierté quelque part. Combien de personnes rêvent de se lancer dans un voyage couvrant plusieurs pays ?
Et bien Moi, j'ai fait le nécessaire pour réaliser ce désir de voyage.
Et ce n'est point si difficile au fond ! Alors pourquoi si peu de monde se lance ??
Parce qu'on s'imagine ça inaccessible ? trop fou ?
On n'a qu'une vie après tout !
Le courage, la volonté et le bon sens sécurisent le périple.

Je redescends en compagnie de l'allemand Lota (qui fait partie du groupe), une irlandaise et un japonais.

Nous roulons plusieurs heures à travers le désert. Une route, droite, sur des centaines de kms.
Nous nous arrêtons pour ramasser du bois que nous attachons sur la remorque. Ca sent le BBQ ce soir !...
On s'arrête dans un village minuscule. Point de ravitaillement en essence, eau et un peu de nourriture. Des balades à dos de dromadaires sont possibles.
La chaleur est inouïe. Le soleil semble nous écraser.
Je me réfugie sous un arbre (le véhicule à l'arrêt, plus de climatisation)

Nous arrivons au camp en fin d'après-midi. Un hélicoptère effectue des survols touristiques.

Nous déchargeons le bois et toutes les affaires, choisissons notre tente.
Tony et quelques uns dont moi préparons le repas. Une grosse tambouille se profile.
Ca change des tomate, concombre, pain de mie et jambon !!...
J'en ai oublié tous les ingrédients sauf un: une soupe en sachet sur lequel apparaissait le mot "chasseur", un mot qui sonne French, donc la "bonne bouffe"... (ou plutôt le bon marketing!)
On me demande la signification et Tony me nomme responsable de la première marmite.
Les marmitons sont placés à même le feu.
Le repas est fort bon et cale terriblement.
Je pars prendre une douche car je sens la fumée et ai terriblement transpiré.
On discute autour de quelques bières. Un autrichien, un peu con, explique les aberrations des Américains, je lui explique alors les aberrations des européens !... Sans compter qu'il raconte des conneries...

Il n'y a aucun moustique, comme quoi il fait bel et bien très chaud !
Ils ne peuvent survivre au delà de 40°C.

Le 10 mars

Lever à 4h45 (nous croyions que c'était une blague !) pour une marche tranquille dans King's Canyon. Canyon de pierres rouges. C'est à voir. Nous prenons quelques photos depuis le bord du sommet du gouffre avant de redescendre tout au fond et se baigner dans le Jardin d'Eden, crique nourrie par un ruisseau. Les contours sont très glissants et l'eau est froide, mais qu'est ce que ça fait du bien de se rafraîchir dans le désert !
Le retour est assez long, nous rejoignons le camp.

Je m'offre alors un survol d'hélicoptère (135$ !)
Détail important: il n'y a pas de fenêtres. "C'est pas grave, on y verra mieux !" me disais-je...
Oui, seulement lorsque l'engin pris de la hauteur, je faisais moins le malin !...
Un vent terrible me giflait les oreilles, je manquais de perdre mes lunettes.
Et, dans les virages je me retrouvais suspendu sur le côté par la ceinture avec un vide de plusieurs centaines de mètres dessous ! Je me cramponnais à la barre face à moi, n'osant détacher mes mains pour prendre un quelconque cliché !
Je gardais bien mes pieds à l'intérieur de l'appareil, et, regardant le patin juste dessous, j'eus une petite pensée pour les films de Belmondo...
Après 20 minutes d'angoisse, nous atterrissons. Je descends, probablement tout blanc...
Mais je tenais à le faire, et l'absence de porte a mis un peu de piquant après tout !...

Le retour est assez long jusqu'à Alice Springs. Et je me dis que j'ai bien fais d'inclure les vols australiens domestiques dans mon billet "Tour du monde".
20 heures de bus étalées sur 2 jours pour traverser le désert, si je peux m'en passer !
Nous stoppons à un centre touristique aborigène (attrape touristes!). On se fait chier !

Nous faisons une halte au beau milieu du désert, dans un village-ravitaillement.
Le désert nous entoure à perte de vue ! Sensation incroyable d'isolement total !
La chaleur est terrible, je ne peux ouvrir les yeux tellement le soleil cogne fort.
Nous mangeons là, dehors… Quelle bonne idée !…
Soudain un énorme camion entre dans le village et stoppe.
C'est un "Road Train", camion cumulant les remorques, traversant de gigantesques contrées.
Je cours prendre une photo. J'en voulais une !

Alice Springs: après un au-revoir-adieu à tous mes compagnons de safari-désert je retrouve un YH et un vrai lit...
Je dîne avec une délicieuse hollandaise et discute avec une pétasse allemande.


Sunday 11th / 3

Mon avion décolle à 17h pour Adélaïde.
Je recroise la charmante hollandaise et discutons bien.
Elle dispose d'un visa Working-holidays. Elle a travaillé quelques mois à Cairns, au nord-est proche de la barrière de corail au large. Elle ne fait pas grand chose au fond à part bouquiner.
Quel est l'intérêt d'être en Australie pour avaler un livre par jour ? Enfin chacun voit midi à sa porte !
C'est donc une journée sans trop d'intérêt, à attendre l'heure de son vol.
Le vol prend 2h.
Je gagne un YH superbe, en airport-shuttle, la nuit coûte 18.5 $.

12 / 3

Je loue un vélo, histoire de découvrir la ville, tranquille.
Le soir, je me repose sur l'herbe d'un parc en bordure de centre-ville, contemplant la lumière rase du soleil qui s'en va éclairer l'autre partie du globe. Eh oui, la lumière du soleil se couche, pas le soleil ! "Aller, va éclairer les copains qui bossent !..."
Je grignote des M&Ms. Détail idiot mais moment marquant.
J'ai acheté une pie (en anglais, pas l'oiseau ! donc une tourte) et je me rends compte qu'il n'y a pas de four au YH, "fait chier !!"
Je la passe donc une éternité au micro-ondes, avant d'en faire une purée et la finir à la casserole. Encore un repas dégeulasse !…

Tuesday 13 / 3

La journée commence mal, on m'a sournoisement piqué mes M&Ms dans la nuit.
Et en plus j'ai oublié mon shampooing dans une douche !...
Je réserve une voiture de location. Je perds une heure à trouver l'endroit exacte de l'agence.
La personne m'annonce au dernier moment un supplément (20 $ !) car je n'ai pas encore 25 ans. Je lui montre mon désaccord (surtout sur le principe !) et lui fais comprendre que j'abandonne ma location. Il me fera donc "cadeau" de la surtaxe...
Il s'agit d'une petite Toyota neuve, boite automatique, conduite à gauche... bref, la galère en pleine ville !
Je sors de l'agglomération et m'arrête pour regarder un tournoi de beach volley junior.
Route agréable et tranquille jusqu'à Victor Harbour au sud. Les radios diffusent de la musique sympa !
Je me balade dans la charmante petite ville et fais le tour à pied de Granit Island, paisible.

14 / 3

J'ai prévu une journée "Murray River et sports nautiques". Je VEUX essayer le ski nautique !
Une heure de route. On descend le matériel, un high speed boat est là.
La rivière est marron.
Tous les garçons montent dans le bateau... pour un tour de fou ! Sur une musique rock à fond, la pilote (un corps de rêve) presse la manette au maximum. Je ne cerne pas trop le but... jusqu'à ce qu'elle lance brusquement le volant sur la gauche, le bateau tournoie et la force centrifuge nous oblige à nous cramponner dur. OK, j'ai compris le but. On recommencera plusieurs fois avant de rejoindre les autres sur la berge. C'est excellent !
Puis on enfile la combinaison d'été et partons (2 groupes de 3). Chacun notre tour, nous tentons de tenir sur les skis, cramponnés à une barre perpendiculaire au bateau. Démarrage lent puis démarrage fort.
Et nous enchaînons le vrai ski nautique tirés par la corde.
Principe: tu attends dans l'eau, skis vers le ciel, mains cramponnées à la poignée entre tes jambes, genoux serrés contre ta poitrine et t'essayes de garder l'équilibre.
Le départ est primordial pour ne pas te vautrer la gueule dans l'eau !
Quand tu te sens prêt , en fait jamais… (mais il faut se lancer !) tu hurles: GO !
Là, le bateau vrombit à toute vitesse et te hisse d'un seul coup hors de l'eau.
"Wahou ça décolle !" Tu gardes les skis bien parallèles et tends les bras, c'est la règle d'or !!
Et dans les virages... euh... tu t'démerdes ! (sinon de conserver les bras tendus)
"Eh! je me débrouille pas mal du tout, même si je n'ai pas l'allure très rassurée !"
J'essaye de garder les yeux ouverts sous les éclaboussures.
Première chute dans le 1er virage ... ça secoue un max !
Puis nouveau tour dont un virage superbement négocié ! je penche bien mon poids à l'intérieur du virage, garde les genoux pliés, les bras tendus et... compte sur la chance !

A mi-journée on pique-nique: devinez quoi ! tomates, concombre, jambon, pain de mie, tasty cheese etc...
Je fus complimenté par une américaine sur mon haut de surfeur... Faut y arrêter !

Quelques tours de fous à nouveau sous la musique à fond, et le top du top, LE truc de fou:
un flotteur rond, plein, avec 4 poignées. 2 participants téméraires se couchent, se cramponnent aux poignées, les jambes attachées à celles de l'autre par simple croisement, locked.
Tirés par le speed boat Vitesse grand V, je m'imagine de suite la folie du jeu !!
C'est hyper physique et flippant ! Les virages sont intenables tant nos bras sont sollicités pour contrer la force centrifuge.
Après 30 secondes, j'ai déjà les bras en compote. Mais il n'est pas question d'abandonner !
Il faut tenir le coup, nous comptons mutuellement l'un sur l'autre !
J'imagine ce qu'à endurer le couple précédent. Courage ! nous n'allons pas craquer aussi vite !
Nous sommes épuisés, mais nous crions de rage (et de douleur) pour tenir.
Je crois que je crie aussi par peur, car le pire survient: les virages brutaux et la pilote qui freine le bateau, ce qui laisse le flotteur poursuivre sa course et se soulever sur le flanc sous l'effet de la vitesse.
Nous sommes au bord de la rupture. Je ne sais pas comment nous tenons, j'appréhende la chute qui semble proche ! Mon compagnon de galère m'a l'air au bout du rouleau lui aussi.

Le virage suivant est impitoyable, notre bouée géante tend à verser, elle ne repose que sur son flanc pendant une fraction de seconde.
Nous sommes littéralement éjectés... et retombons l'un sur l'autre dans l'eau. Il faut un certain temps avant que mes lentilles se remettent en place.
Nous repartons pour un tour, un tour de cauchemar !

Nous skions de nouveau, c'est un grand plaisir !

Au retour, Teresa, l'américaine, me propose de m'arrêter à Los Angeles (comme j'y passe) et de m'héberger quelques jours.

Le soir, je rentre, mort. Pourtant je me motive à aller faire un tour en boite: the Heaven Club, histoire de voir à quoi ressemble une discothèque en Oz.
J'entre dedans vers 23h30, ce mercredi. C'est plein.
Les minettes sont sacrément habillées, comme des stars. Les mecs se la pètent. Je me sens un peu à part avec mon jean super large...

15 / 3

Je passe voir Teresa toute contente de me voir. Nous nous baladons et mangeons dans un resto chinois. Nous essayons de partir le même jour pour le trip de Kangaroo island.
Je lui dis au revoir en l'embrassant.
Je pars pour 2 jours et ½ de safari-bush.

2 heures de route, 45 minutes de bateau (pas cool les vagues).
Nous chargeons toutes nos affaires dans un 4x4 et sa remorque.
J'échange quelques phrases avec une suisse (du groupe précédent) qui me dit qu'elle rêve d'une douche... je comprends alors le style de trip dans lequel je me suis embarqué, et me souvient de la mention sur le dépliant: "This is NOT a bus tour !!"

Nous roulons sur l'île jusqu'au campement. Nous sommes serrés sur les banquettes.
A notre passage, un brouillard de poussière blanche s'élève de la route.
Arrêt ramassage de bois.
Nous déchargeons les affaires sous la pluie et allons jouer au ballon sur la plage toute proche.
Le repas, un BBQ, est médiocre: pâtes froides et kangourou sont au dîner. Super !…
Nous mangeons assis sur nos "swags" (ou pseudo-matelas) enroulés.
Je sympathise avec un allemand.
Effectivement, la première nuit se révèle basique. Sous un toit tenu par quelques piliers métalliques,
une bâche en plastique est déroulée. Nous dormons ainsi dans notre sac de couchage sur notre swag. Le lendemain, les plus lève-tôt préparent du feu. Une marmite est placée sur les braises en vue de café et de thé. Les plus exigeants (comme moi...) essayerons de faire griller les tranches de pain de mie. Donc un petit-déjeuner simple, pris debout ou accroupi.
J'enfile tous les T-shirts que j'ai emportés car il fait frais...

Nous nous rendons sur une plage: le Q.G. des phoques. Ce sont des loques, lamentablement couchés sur le sable, sauf les bébés qui se dandinent en sortant de l'eau. Ils sont trop mignons.
Dommage qu'il fasse aussi froid: le vent et la pluie me font grelotter.

Nous continuons de sillonner l'île.
Une allée d'eucalyptus abrite des koalas. Là encore les animaux sont des loques puisqu'ils se résument à des boules de poils entre les branches et le tronc.

Je patiente quasiment 10 minutes debout sur un piquet pour prendre LA photo de la bouille d'un koala. Vilains paresseux !

Nous nous arrêtons sur une plage immense en arc de cercle. L'eau limpide est superbe, et bénéficie des mêmes reflets que les eaux tropicales... sauf qu'elle est glacée !...
Pourtant quelques filles enfilent leur maillot de bain... et reviennent frigorifiées.
Le sable, blanc, forme des dunes, les vagues turquoises sont magnifiques.

Un autre site: une cuvette de sable blanc, entre 2 collines, s'échoue dans l'océan.
Les vagues s'étalent sur plusieurs centaines de mètres, c'est grandiose depuis les collines en hauteur. Nous savourons ce paysage, l'air du large, personne – Moment de méditation collégial. Je demande au guide si c'est possible de surfer ici. Le guide me prend pour un fou... je comprendrais plus tard la naïveté de ma question...

Les "Remarkable Rocks" sont impressionnants tellement ils sont sculptés.
Le vent souffle très fort, nous tenons en oblique.
Le guide nous emmène au milieu de la brousse. Le chemin, étroit, n'est praticable qu'en 4x4, c'est sûr.
Le campement se montre encore plus simple que la nuit précédente.
En effet, le toit : une toile tendue entre les arbres.
Les toilettes : une cuvette plantée à l'écart, au bout d'un sentier. Quand, ne tenant plus, tu abandonnes et te résous à aller aux petits coins, tu te présentes au départ du sentier et interroges par un cri dans la forêt si le siège est occupé... Si personne ne te répond, alors tu poursuis. Sur place, une cuvette t'attend, posée sur un trou dans le sol, couverte d'un joli battant en bois. Trône à côté d'une boite métallique renfermant quoi ?... des rouleaux de papier toilette évidemment !
Inutile de demander où est sont les douches !!

Comble de malheur, les sacs de couchage et les swags ont été mouillés par la pluie.
J'ai la bonne idée de les placer debout autour du feu, mais ils resteront humides quand nous irons nous coucher... avec en prime, l'odeur forte de la fumée !
Nous ramassons du bois (mouillé, il a plu !) pour faire cuire le repas, un BBQ, bien sûr !

Et comme la vieille nous avons mangé froid, je m'occupe donc de servir les assiettes...

Il ne fait pas chaud. Nous passons la soirée agglutinés autour du feu, discutant et redoutant le moment où faudrait s'allonger dans un sac de couchage humide...
J'apprends le jeu "Truth or dale" où chacun pose une question à qui il veut sur ce qu'il veut... et évidemment le sujet est le sexe !
Et une fois de plus les hollandaises se montrent sans limites...
Un opossum vient animer la soirée en fouinant dans le campement.
J'étais le seul à ne pas connaître l'animal… une boule de poils curieuse avec un museau de rongeur. On peut le caresser aisément.

Vendredi 16 / 3

Je suis le premier levé, après le guide.
Pour réveiller toute la bande je chante la chanson des Bronzés... (eh! eh! hommage à la Thaïlande !) quelques momies-sac de couchage se mettent à grogner...
On prépare le feu. Qu'il fait froid !
Petit déjeuner comme la vieille...
Nous remballons le camp. Je monte sur le toit du 4x4 pour empaqueter les swags dans une bâche sur la galerie.

Sur le retour, nous croisons des pélicans dans un minuscule port de l'île.
Un vieux leur tend des poissons dont ils ne font qu'une bouchée avec leur peau du bec élastique.

Nous faisons un volley entre nous et buvons une bière dans un pub en attendant le bateau
Nous souhaitons "Good luck" à l'équipe suivante sans épiloguer, ils découvriront par eux-mêmes les joies de ce tour...

Le soir, je rentre au YH vers 21h.
J'ai envie d'aller aux toilettes, j'ai faim, je REVE d'une douche (je suis sale, sens la fumée, barbe de 6 jours, les cheveux crades...), je porte des fringues aussi propres que moi et je suis fatigué !
Je m'occupe de tout ça et tout va mieux vers 23h.
Je mange avec un couple d'allemands qui faisait partie du tour dans un resto chinois.
Je trouve la force d'aller au Planet, histoire de voir un autre club: grande boîte, ambiance pas terrible, ça crane. Je me sauve rapidement, je suis trop fatigué.

18 / 3

Ma nuit est écourtée à 8h30 par un connard qui prépare son sac pendant plus d'une heure:
Sa discrétion sur les sacs plastiques, fermetures éclair, portes de placard m'énerve au plus au point !
Laundry, développement photos, courses, diary etc...
Une journée de transition sans grand intérêt…
Je retrouve Teresa. On s'échauffe un peu dans le salon du YH.


19 / 3

Je me rends à l'airport avec Teresa en taxi, elle doit partir elle aussi.
Nous nous disons au-revoir.
Je dois marcher avec mon fardeau pour gagner le terminal domestique.
Je m'envole pour Melbourne et rejoins le centre-ville en shuttle.
Puis je prends un bus normal pour aller à une adresse backpackers.
Malheureusement je n'ai pas réservé et c'est plein !
Donc j'ère dans les rues à la recherche d'une autre adresse: "Va pour le Green Backpackers à 24 bucks !"
Dans la chambre, je discute un peu avec un anglais qui a acheté un chapeau de cow-boy avec des dents de crocodiles ficelées sur un lacet. Il est chouette (le chapeau!). Depuis mon arrivée en Australie, j'ai envie d'en acheter un, mais qu'en ferais-je en France ?

Je marche dans les rues, la ville est très classique et je pense me sauver au plus vite.

Tuesday 20 / 3

Je parcours les frigos pour trouver la "Self food" (nourriture laissée à tout le monde par ceux qui partent). Je tombe sur un gros pot en plastique avec l'étiquette "Vegemite". J'ouvre le couvercle et inspecte la pâte à tartiner: troublant cette couleur marron foncée... "il est bizarre leur Nutella !"
Et là je fais l'Erreur de goûter une cuillerée, "BERKK ! c'est IMMONDE !!!
DE-GUEU-LASSE !!" les mots me manquent ! Le plus adapté doit être "GERBANT" !
Je cours me rincer la bouche à grandes eaux, me racle la gorge, crache dans l'évier...
Je pense alors que ce n'est pas à manger. Rien que de repenser à ce goût horrible me donne la nausée. Je comparerai ça à... euh... de la graisse que l'on met sur les attaches de caravane !!
En réalité, c'est une sorte de viandox pâteux salé infâme.
Et en fait, je surprends un peu après des australiens recouvrir leur tranches de pain de mie grillées de cette pâte répugnante. (une fine couche cependant, faut pas déconner non plus!)

Je VEUX longer la Great ocean road. Je prévois 3 jours.
J'enchaîne les agences de location de voitures. Elles veulent toutes me faire payer un supplément car je n'ai pas 25 ans, pour quelques mois !! Je refuse !
Je fais réserver par téléphone une voiture chez "Cheap cars", une adresse excentrée.
Sur place avec mon sac, on me propose une boite de conserve verte un peu cabossée pour 45$. Ca ira.
Donc je me sauve de la ville (3.2M d'hab.) en me débrouillant plutôt bien.
Je conduis jusqu'à Geelong, ville moyenne.
Je fais une pause pour aller manger. A mon retour, j'ai un papillon sur mon pare-brise... 50 $ ! n'ayant rien compris au fonctionnement du parcmètre, j'avais omis de poser une pièce.
Bref, je me rends dans un bâtiment administratif que l'on m'indique. Dans un pauvre anglais j'explique la situation à la dame. On remplit ensemble un formulaire avec le motif de l'absence du payement: "I'm a poor frenchie who did not understand who it works..."
L'avenir montrera que l'excuse n'était pas acceptable, mais ce n'est pas pour autant que je réglerai l'amande !

Je reprends le volant, traverse de grandes contrées de campagne.
J'atteins Lorne, station balnéaire, c'est mignon, avec la balade sur la plage.
Malheureusement il est interdit de boire de l'alcool (bière comprise) sur la voie publique.
Je me pose pour la nuit dans une auberge pour routards sans réception.
Je vais m'asseoir sur le sable et contemple les vagues. C'est paisible.
J'aurais bien aimé savourer une petite bière ici, mais bon…
Un ponton casse l'arc de cercle de la plage.
Je voudrais sortir, mais ce doit être la saison morte, tout ferme vers les 6pm.

Alors je me rends sur un site indiqué par mon guide: des chutes d'eau.
En voiture, je m'enfonce dans une forêt sur 10 kms et la route descend fortement.
J'ai peur de la montée avec ma voiture-pacotille...
Des escaliers mènent aux chutes, deux ou trois cents marches.
Les chutes, de fins filets d'eau, n'ont rien d'extraordinaire. Mais je remarque le balisage d'un sentier. "Hard walkers only". "Allons-y, même si la nuit ne va pas tarder, c'est histoire de marcher entouré par la verdure".
J'ouvre une bière (ici, personne ne va venir me houspiller).
C'est magnifique, tant le coin respire la nature. Le sentier, minuscule, longe le ruisseau sur plusieurs kms. Le passage, étroit, serpente, alternant entre les 2 rives.
C'est difficile à décrire. De nombreux obstacles gênent le promeneur mais tout est adapté, détournements et facilités pour passer les embûches: d'énormes arbres tombés dans le creux du ruisseau le coupent perpendiculairement (il faut parfois se faufiler dessous, parfois enjamber par-dessus), des rochers (nés d'éboulements ?), diverses végétations originales.
Je marche quasiment ¾ d'heure et m'impose de faire demi-tour car la nuit tombe.
Je termine à la lampe de poche (je pense à tout...), j'ai un peu peur de marcher sur un serpent ou assimilé. Je suis seul au milieu d'une forêt dense et obscure.
Je ne suis rassuré que lorsque je reviens à ma boite de conserve verte.

De retour à l'auberge, je mange mon dîner devenu classique : mon "Irish stew".
Il s'agit d'une boite de conserve (une vraie cette fois) renfermant du bœuf bouilli, des pommes de terre, des carottes, et autres petits légumes, le tout baignant dans une sauce onctueuse.
Donc, pour résumer: durant les excursions: c'est tomates, concombre, jambon et pain de mie, et sinon c'est Irish stew avec du pain de mie beurré.

Je discute avec un pot de colle Lituanien avant de rejoindre mon lit... qui est occupé par des affaires qui me sont inconnues. "Allons bon !?"
J'appelle le proprio avec le téléphone laissé en cas de problème sur la passerelle en bois.
"Comment se fait-il que le lit que vous m'aviez réservé est occupé ?"
"Parce que vous n'avez rien posé dessus ?"
"Bah non..." sous-entendu "Je pensais que vous faisiez votre boulot et ne proposez pas 2 fois le même lit pour la même nuit !?"
Bref, je trouve un plumard de libre dans une chambre de filles... j'y perds pas.

21 / 3

J'emprunte un peu de margarine dans le frigo pour mon petit-déjeuner... C'est pas bien, mais bon...
Je roule toute la journée en pointillé, m'arrêtant sur tous les sites spectaculaires.
La route longe les falaises de l'océan. C'est extraordinaire. Je ne peux le décrire sans photo.
Les hautes falaises s'étalent sur des dizaines de kms, des pans de roches isolés résistent à la violence des vagues.
Le décor de falaises découpées offre des sites incroyables, riches en formes originales.
L'océan ronge la terre pour fabriquer des arches, et parfois des cavernes de plusieurs centaines de mètres. C'est alors un spectacle visuel et sonore, grâce au vent (omniprésent) et la force des vagues.
De nombreuses pancartes content l'histoire. L'histoire de bateaux partis d'Angleterre et d'Ecosse, navigant des milliers et milliers de km sur tous les océans du globe et sombrèrent ici, tant le relief du fond de mer et les vagues sont impitoyables.
Des équipages entiers périrent.

La vue la plus connue: les 12 apôtres, offre le spectacle des falaises avec au pied une longue plage de sable doré, et 7 piliers de roches, fiers, défiant l'océan.
Il n'y a que là que de les touristes s'agglutinent en masse. Je suis bien content de sillonner la route par mes propres moyens !

Je ne sais pas où je vais passer la nuit. Je roule, je vais bien voir...
Je traverse un village charmant de bord de mer, Port Campbell.
C'est drôle, on dirait un village Playmobil: des allées désertes, larges, propres, toutes à la perpendiculaire, bordées d'un gazon entretenu. "Je VEUX passer la nuit ici !"
Je note une auberge de jeunesse en ouvrant le Lonely Planet: pas de lit disponible, mais le réceptionniste m'indique une maisonnette accueillant des membres YH. Il me confie des clefs et des draps en échange d'une caution de 5 $.
La chambre, d'atmosphère chaleureuse avec sa moquette, est sympa. En revanche les sanitaires sont très basiques, couverts de béton par terre et sur les murs. Je lutte contre l'humidité pour me mettre tout nu et prendre une rapide douche.
Je pars acheter un peu de nourriture pour le soir (un p'tit Iris Stew…) et le petit-déjeuner.
En ouvrant la porte de ma chambre je tombe nez à nez avec mon cher Lituanien de la vieille, quelle poisse !...

Je mange en compagnie d'un couple d'anglais d'une cinquantaine d'années.

Je me promène le soir. J'aime cette ambiance parfois la nuit. Un vent fort couche la pluie qui me fouette le visage. Je vais m'asseoir sur un banc face à l'océan pour méditer un peu.
Sur le retour je vais regarder la TV dans le YH, "Survivor", no comment.

Je veux consulter mes e-mails. Je n'ai pas le choix, j'utilise la "boite-internet".
Alors, qu'est ce que la "boite internet" ?
Il s'agit d'un écran terminal bridé, se connectant à l'internet sur déclenchement d'un système de payement intégré, équipé d'une souris track-ball attachée au plateau, chargé d'un navigateur d'ancienne génération empêchant tout rapatriement de fichier même temporaire et, paramétré sur l'option "Faire galérer l'utilisateur pour élaguer ses 10 minutes imparties avec 2 dollars".

En termes plus simples, c'est une grosse merde pour arnaquer les touristes en mal d'internet.
Bref, je m'énerve dessus et n'arrive même pas à consulter ma boîte aux lettres !

22 / 3

Je remballe toutes mes affaires et reprends le volant, je suis la great ocean road.
Le temps est pluvieux, j'aurais dû mettre mes lentilles.
Le vent et l'humidité m'obligent à enfiler 2 sweats l'un sur l'autre à chaque descente de voiture. ("Allez, j'ai survécu à l'Ecosse !")
Et elles sont nombreuses, car les sites s'enchaînent. Il n'y a personne à part un couple d'anglais que je retrouve sur tous les lookouts.
Les formes et découpes des falaises sont toutes impressionnantes. Comment décrire ce spectacle de sculptures de roches immenses et naturelles ??

Le London bridge: une avancée de roche composée de 2 arches. Un jour de janvier 1991, l'arche la plus proche de la terre s'écroula. Jusque là rien de grave sauf que des personnes se promenaient à son extrémité... L'angoisse qu'ils ont dû vivre en attendant (plusieurs heures) les secours en hélicoptère !

Je tente d'aller voir un phare à la pointe de la côte. Je me lance dans un détour d'une trentaine de kms. Sur place un écriteau indique divers chemins à emprunter pour divers sites à explorer.
Je note 1.1 kms pour atteindre le lighthouse. Donc j'évalue mon temps de marche à quelques 10 minutes.
Après un quart d'heure à travers les buissons, je suis toujours éloigné de l'océan...
J'en déduis qu'encore une fois je suis parti un peu vite, me suis trompé.
Je reviens au début et aperçois une sorte da passage dans des herbes hautes.
"Allez, on va essayer ça !" Après 20 minutes sur un chemin sauvage et avoir ignoré 2 panneaux "Keep out" je me heurte à une forêt d'épais buissons et de grillages. J'enrage contre le balisage lamentable des chemins australiens !
Je rebrousse chemin et croise 4 touristes égarés... en quête eux aussi d'un passage pour gagner le phare. Ils m'apprennent que par le chemin officiel, un droit de 7 ou 8 dollars est exigé !
C'en est trop, j'abandonne !

Je roule jusqu'à la ville de Warrnambool et demande la route du parc des Grampians, mais je ne dispose pas d'assez de temps. Je les découvrirai plus tard.
Donc j'opte pour une route touristique qui mène à Port Fairy.
Finalement j'entre dans un parc référencé dans le guide: Tower hill.
Où les randonnées sont agréables. Divers animaux peuvent être vus en liberté.
Fâché contre les balisages, je pars pour faire une marche-maison, comme ça je serais moins déçu.
Je m'engage sur un sympathique chemin qui entoure une sorte d'étang asséché. J'aperçois des émeus au loin. Je les rejoins discrètement et shoot quelques clichés.
Je contourne une petite colline par un chemin transformé en tunnel de végétation.
J'arrive au sommet et contemple la vue sur une autre étendue de paysages sauvages.
Je note encore une fois la médiocrité des balisages des circuits.
J'entends un bruissement de feuillages sur le bas-côté. Curieux, je m'approche. "Lapinou !?"
Je m'approche encore... et soudain le buisson remue et gagne en volume...
Je recule de quelques mètres, ça m'inquiète...
C'est alors qu'un gros volatile (telle une autruche à l'échelle 3 quarts) me passe fièrement devant, me faisant comprendre que c'est moi l'intrus du territoire...

Arrivée à Geelong assez tard, vers 20h30 car je roule plus de 200 kms dont une partie à la nuit, à 120 km/h dans ma boite de conserve sur une route toute droite.
Je m'arrête sur la route pour manger un fish and chips empaqueté dans 1kg de papier.
Je demande: "Where are the toilets ?" - "You want peanuts ?" - "No, toilets !" - Après plusieurs tentatives, tout le staff essaye maintenant de me comprendre avec les clients autour. Je crois à un gag. Je crie "TOILETS !". Je ne vais quand même pas mimer ce que je demande !

J'arrive à Geelong sans savoir où dormir. Une adresse m'interpelle dans mon guide: une ancienne ferme d'étalons transformée en auberge dortoirs: St Albans Backpackers.
"Je VEUX y dormir !" Je demande mon chemin dans une pharmacie encore ouverte.
Il faut sortir de la ville et traverser un lotissement. Je galère un peu pour trouver la fameuse ferme. Un homme d'une cinquantaine d'années vient à ma rencontre après m'être garer devant une bâtisse. Il a un accent de chien; je devine ce qu'il dit en recoupant les infos du guide.
17 $ ! tant pis mais je suis trop crevé, je rêve de m'allonger dans le noir.
Le décor est basique: une gigantesque pièce principale (une cheminée allumée, un vieux sofa, une TV), une cuisine visiblement guère entretenue. La clientèle n'est pas banale, des gamins habitués aux lieux. La chambre semble être une pièce bétonnée qui a servie à garder des animaux. Pas terrible. "J'veux plus y dormir !… Ouuiiinnn !!"
Je prends une douche et vais me coucher.
Un jeune en fait de même, je reconnais immédiatement son accent Ecossais, il travaille là quelques temps comme sorte d'apprenti. On discute un moment avant de s'endormir.
L'odeur de cheval est forte, j'ai du mal à en faire abstraction. Je passe une nuit à essayer d'oublier les effluves agricoles.

Le 23

Je tente de faire griller quelques tranches de pain de mie dans cette cuisine qui déborde de couverts sales.
De retour à Melbourne, je rends la voiture. Les australiens respectent les limitations...

Et comme je veux me sauver au plus vite de cette ville, j'improvise la suite, mon fardeau sur le dos.
Le tramway me conduit à la gare en remontant toute la rue St Kilda qui traverse la ville.
Je me renseigne sur le prochain train pour Ballarat: ville de la ruée vers l'or au XIXième.
Je mange 2 sandwiches triangulaires typiques; très moyen.
Je sympathise avec une jolie australienne dans le train.

Ballarat: je veux rejoindre le YH Lodge sur Sovereign Hill.
Je dispose d'un plan grossier dessiné par un cheminot depuis Melbourne. Il y aurait 20 ou 30 minutes de marche. Je m'y attaque, mais, compte tenu du 1er rond point que je ne vois pas, je m'inquiète de l'échelle du plan. Je demande à un jeune garçon qui monte dans sa voiture la direction sur mon plan. Et, comme j'osai l'espérer, il me propose de m'y emmener. "Cool ! parce qu'avec mon sac..."

Toutefois, descendu à Sovereign Hill, je suis un peu paumé. Je dois quand même marcher 10 minutes pour monter la cote !
C'est un joli YH dans un ancien baraquement militaire, juste à côté du village reconstitué de la ruée vers l'or. Je suis crevé, je dépose tous mes bagages et passe à la douche.
Je me promène en direction de la ville et j'en profite pour acheter quelques victuailles.
Le retour est pénible avec mes sacs plastiques pleins, c'est une vraie grimpette ! (2 kms)
Lessive et dryer.
Je me pose dehors sur un banc et bouquine quand... "Tiens ??" l'hollandaise d'Alice Springs !!?
Elle arrive aussi à Ballarat ! On discute de ce qu'on a fait durant ces 2 semaines. Elle n'a pas fait gd chose…
"Tiens ??" l'anglais qui était dans ma chambre à Melbourne est là lui aussi !
Les Simpsons passent à la TV mais je n'arrive pas à suivre.
Je passe la soirée avec un norvégien à bonne bouille super sympa jusqu'à 2h du matin.
Il s'allume la tête avec une brique en carton de vin rouge bon marché.

24 / 3

Je fais un tour en ville, il pleut toute la journée, pas drôle.
J'achète un pack de bière dans un Liquor shop. (c'est cher !)
Un groupe de 60 personnes débarque avec des bacs et des bacs de bouffe. Je les regarde ahuri remplir la cuisine en faisant la chaîne. Ca n'arrête pas, ils envahissent la kitchen.
J'apprends que c'est un groupe de bouddhistes venus pour le week-end, à 90 % de filles asiatiques. Philippe, cuisinier, français, m'explique le principe de leur bouddhisme.

Ils m'invitent le soir à partager leur dîner. Je sympathise avec une irlandaise, vivant à Melbourne, Tallulah. J'utilise internet gratuitement sur le PC de la réception.

25 / 3

Changement d'heure... je me fais avoir (évidemment!) avec l'horaire d'ouverture de Sovereign Hill Village que je pars visiter. Reconstitution extraordinaire de Ballarat du temps des mines d'or et de quartz dès 1850.
L'ambiance est western. Visites de mines: Red mine, Quartz: superbes. tout se rapproche de la réalité à l'aide de haut-parleurs dissimulés.
J'adore l'ambiance du village: rue principale, la diligence circule; les magasins en activité sont d'époque: imprimerie sur ancien papier; personnages en costumes; machine à vapeur et son méchanicien; saloons; vente d'accessoires en cuir; vieux bowling, etc...

Je mange avec Tallulah entre-autres. Je suis "sexy" dit-elle. Je la fais entrer dans Sovereign Hill et nous nous baladons. Je lui tends la main pour traverser une rue, elle joue le jeu...

On s'amuse à chercher de l'or avec un tamis. On passe un très bon moment ensemble. Sorte de coup de foudre-fantaisie, délire dans la grange…
Mais à 15h30 elle doit partir avec les autres bouddhistes.

Je participe à une cérémonie de "Recherche de la paix avec soi-même" dans une salle à part, décorée pour l'occasion d'une sorte de drapeau, des bougies et une statue-symbole représentant chaque participant, son "SOI intérieur" qu'i'disait !

Le français m'explique en chuchotant, au fond de la salle, toute la stratégie de la séance.
Tout le monde est réuni, et se concentre à répéter en boucle une seule phrase qui permet de rechercher et libérer l'énergie positive de soi... : "NamMyoHoRenGeKyo !"
D'un œil extérieur, on dirait carrément une secte !
"Tous en cœur les mains jointes d'une même voix ! NamMyoHoRenGeKyo!".

Si je me lance dans le bouddhisme, "merci, mais ce sera une autre fois ! " d'autant plus que je me trouve actuellement très fort psychologiquement !!
Moi, je puise mon énergie dans l'amour, les ami(e)s, les voyages, l'anglais... je ne vais pas EN PLUS chanter NamMyoHoRenGeKyo ?!

La cuisine retrouve alors son calme et moi, mes couverts pour manger.

Monday 26 / 3

Je loue une vieille Mitsubishi de 200 000 kms à la périphérie de Ballarat.
Je visite les bourgades où de l'or fut trouvé dans les années 1850 et entraîna les ruées.
Clunes, village western peuplé de quelques centaines d'habitants: la rue principale, très large, couverte de gravillons, déserte, bordée de batiments d'époques avec les avancées en bois, nous remontent d'un siècle et demi. J'ai l'impression de vivre un western grandeur nature..

Je passe à Maldon où les constructions gardent leur charme du siècle dernier. Les boutiques, petits hôtels, stations service semblent sortir tout droit du temps des cow-boys.
J'adore le charme de ces villages qui semblent ne pas subir les évolutions technologiques, comme accrochés à leur histoire.
Un derrick fut érigé au sommet d'une montagne avec les charpentes métalliques d'un vrai qui a servi quelques dizaines d'années.
Une haute cheminée entourée de ruines atteste du traitement de l'or, autrefois.

La ville de Castlemaine est moins typique, et sa taille a dû la contraindre à remplacer les vestiges de l'histoire. J'hésite à dormir sur place, mais rien ne me plaît.
J'achète des fruits, quelques biscuits et 75 cl de bière car je prévois de dormir dans la voiture.
J'ai envie de passer une soirée dans la nature accompagné d'une bonne bière, tranquille, tout seul, "aller savoir pourquoi !".
Bref, je sors de la ville et m'engage sur un large sentier, gare l'auto aux abords d'une forêt et marche un peu, sirotant ma bière.
Je contemple le coucher de soleil et m'enorgueillis d'avoir quitter SAI tec et Chauffailles pour vivre cette fantaisie de voyage. La bière commence à me monter aux neurones...
Dans le noir quasi complet je rejoins la voiture tant bien que mal.
L'alcool me laisse heureux, je me sens LIBRE ! et heureux de maîtriser ma vie, j'ai une pêche terrible !

Je retourne en ville à la recherche d'un petit resto.
Je mange un fish and chips dans un Take-away. (je me coupe méchamment avec mon couteau suisse)
Je décide de rouler jusqu'à ce que je trouve un coin que je juge à mon goût.
Je range la voiture sur le bas-côté d'une route isolée au cœur dans la campagne profonde.
J'écoute de la musique avant de confectionner un matelas avec le dessus rembourré de mon sac et tous les vêtements les plus épais que je trouve.

Je passe une des pires nuits que je n'ai jamais passée: j'ai froid, c'est inconfortable, je dors 4 tranches de 1 heure et demie. A deux reprises je fais tourner le moteur 10 minutes car les 3
T-shirts et les 2 sweats ne suffisent pas.

27 / 3

Au lever du jour, je sors de l'habitacle pour me dégourdir. Les biscuits et quelques fruits font office de petit-déjeuner.

Je me dirige vers les Grampians, parc naturel où j'espère surprendre des kangourous en liberté. Je vais au seul YH des Grampians et réserve pour la prochaine nuit.
"Une douche et c'est reparti ! direction les kangourous, je suis impatient !"
J'enchaîne les lacets de route jusqu'à Zumstein, lieu connu pour ses kangourous.
Sur place, je pénètre à travers la végétation haute, le bush, pour débusquer l'animal du pays...

Le regard lointain je cherche... Et que vois-je à mes pieds ?? une queue de kangourou !!
Un spécimen est là, à mes pieds, lamentablement affalé dans les herbes, me fixant, les oreilles dressées, peureux.
Je n'en crois pas mes yeux; me trouver face à face avec un 'roo sauvage !
Je dégaine mon appareil photo et le supplie de ne pas bouger. "Clic ! "
Je fais quelques pas quand mon pied fait craquer une brindille. Mon compagnon saute brutalement sur ses 2 gigantesques panards, ses petits bras pliés, l'œil mécontent. Il se met à grogner pour bien me montrer que je le dérange. "Et bien, croyez-moi je n'avais pas envie d'avoir une démonstration de quoi il était capable ! Pas cool le 'roo !"
Bref, je me retire discrètement et poursuis mes recherches plus loin.
Je remonte la colline. Je désespère un peu quand j'aperçois un énorme kangourou au loin.
Je m'approche jusqu'à une vingtaine de mètres, il retourne la tête et se lance dans une série de bonds qui l'emmènent hors de ma vue en quelques secondes !
J'explose de rire devant le spectacle de son déplacement, c'est adorable !
J'en surprends trois autres le nez dans l'herbe. Ils m'ont repéré mais ne s'enfuient pas. Je tente alors diverses ruses pour m'approcher: je marche dans leur direction sans les regarder, je marche parallèlement faisant semblant de les ignorer, sur la pointe des pieds etc...
Le plus efficace se révèle être de ne pas faire de bruit même s'ils me voient arriver sur eux.
Ils jettent un œil de temps en temps pour évaluer la distance que j'ai avec eux.

Je tente une ruse: alors qu'un 'roo me surveille d'un oeil inquiet, je me cache derrière un arbre et attends. Attends... Attends.... Attends encore...
Presque 5 minutes derrière le tronc. Je penche la tête... mon kangourou conserve sa bouille dirigée vers moi ! Il ne faut pas jouer au plus patient avec les animaux , on perd toujours !!

Je reste plus d'une heure à traquer le 'roo, un excellent moment !
Je reprends les rennes de ma mitsubishi, et atteins un sentier qui me mène à des chutes d'eau après 20 minutes de balade à pied.
Puis j'atteins Wonderland: je me lance dans une randonnée-escalade de 4 kms dans un canyon.
A un moment, le passage se réduit à une crevasse entre les rochers, et une échelle. Le sommet, Pinnacle, surplombe toute la vallée. C'est chouette mais le vent est tellement fort que je me réfugie plus bas, boit un coup et redescends aussitôt. Je suis claqué.
Je sympathise avec une jolie suisse-germanophone le soir. Je lui montre des photos.



28 / 3

Lever à 6h15... "C'est plus ce que c'était les vacances !"
Mais la journée va être chargée: planning:
150 kms jusqu'à Ballarat
Rendre la voiture avant 11h
2 h de train pour Melbourne.
Regagner l'aéroport par le shuttle et voler jusqu'à Sydney.
De l'airport de Sydney, la navette pour la city.
Aller au YH par bus de ville.
Et une bonne douche !

Je roule jusqu'à Ballarat en 1h30, fais à peine le plein (il n'a qu'à me louer une voiture avec une jauge qui fonctionne !)
J'en profite pour aller chercher des choses que j'avais oubliées dans le frigo du YH... mais tout m'a été volé, je suis surtout aigri pour les quelques bières qui m'ont coûtées si cher !
Je rends la voiture.
Je marche jusqu'à la gare, achète un billet pour Melbourne... et finalement décide de prendre un bus qui relie Ballarat à l'aéroport de Melbourne.
Je consulte mes mails gratuitement à la Library en attendant.
Je mange un bout à la gare et m'assois, cache, à la table d'une petite bombe australienne.
On discute mais je dois partir... je suis très triste, il y a des fois comme ça je vis des mini coup de foudre…
Je suis l'unique client du bus et discute sur le trajet avec le conducteur.

1h10 d'avion.
Je galère pour trouver un point Star Alliance, pour passer du terminal d'arrivées nationales au terminal des départs internationaux, et change les dates de mon "round the world flight ticket" pour séjourner 8 jours à L.A.
Le shuttle me conduit à la City et un bus de ville m'emmène à un YH à 26 $ la nuit, du jamais payé !

Je réserve 2 jours de surf, mange un tuna-rice maison pour la nième fois, je sature un peu !
Une bonne douche et au lit.

29 / 3

Suite à une attente interminable à la réception du YH, je me rends à la gare et galère un peu pour trouver le YH central, point de départ du surf trip.
Nous sommes 6: un couple de scots, un anglais, une norvégienne, un français et moi.

Le premier spot: on apprend sur la plage les étapes de la prise de la vague, du stade allongé à pagayer à tenter de garder l'équilibre.
Mais les vagues sont trop puissantes, nous sommes secoués dans tous les sens et sommes envoyés au fond de l'eau. C'est impossible.
Second spot à l'opposé de la plage (que c'est galère de trimbaler sa planche en marchant dans le sable !!)
Les vagues sont plus cooles, encore qu'il faille se méfier des rochers au fond et des algues.
Rien que réussir à passer les vagues, c'est très physique ! Et quand il faut faire demi-tour pour attraper le rouleau, la force nous manque !
Nous arrivons péniblement à nous lever sur notre planche. C'est hyper crevant pour les bras !

Puis dans l'pm nous lavons le matériel et marchons avec notre sac sur un sentier qui rejoint un minuscule YH, paumé dans la brousse. Là, le guide nous laisse en plan ("see you later!") avec une esky de nourriture. "Et démerdez vous !"...
Nous nous regardons, les 2 scots, le français et moi, un peu ahuris, persuadés que le guide restait avec nous pour la nuit.
Le YH est une maisonnette sans eau courante, ni électricité, la gazinière n'a plus de gaz, le WC se résume à une cabane avec un trou au fond entre les arbres.

Alors nous prenons notre courage à 2 mains et partons ramasser du bois. Un barbecue improvisé et imposé se profile.
Je deviens un vrai australien maintenant !
Je connais la musique, et il m'en faut plus que ça pour m'impressionner et me décourager !
Le bois est rare sur la colline, mais nos efforts dans les broussailles payent puisque plus tard (bien plus tard en fait...) nous sommes attablés à manger nos saucisses chimiques, de la salade, du fromage, des haricots blancs à la sauce tomate, des patates cuites à l'eau...
En temps normal, je dirais que c'est pas terrible du tout, mais là, c'est un festin ! je me régale tellement j'ai une faim de loup.
On délire avec le français, il s'est installé récemment à Hong-Kong.
Je fabrique l'éclairage en taillant en pointe des chandelles de cire que je plante dans les rainures de la table, les protégeant du vent comme je peux.
A 20h tout le monde va au lit, sauf moi qui "veille" jusqu'à 21h30.
Je médite devant le feu que j'entretiens symboliquement pour m'apporter chaleur et lumière.
Il n'y a pas de douche évidemment ("Tiens? ça rappelle Kangaroo Island !?") et un grand container récupère l'eau de pluie du toit.
Je vais au lit habillé car je n'ai pas de sac de couchage. Quand on est bien fatigué !...

Friday 30 / 3

Breakfast misérable.
Nous retournons au parking où 2 vans arrivent.
Nous partons pour un autre spot, dans une zone grillagée où seuls les véhicules 4 roues motrices sont autor

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